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Ma place lors de l’accouchement

Tout au long de la grossesse, je suis présente pour soutenir les parents et les aider à prendre conscience de cette force incroyable qui est en eux. Mettre en lumière leurs compétences, leurs capacités, les aider à prendre confiance. Je me suis alors beaucoup interrogée sur ma place lors de l’accouchement ; pourquoi proposer un soutien global avec présence ce jour J ? Si je leur transmets cette confiance pourquoi être auprès d’eux le jour J ? Dans cette réflexion j’ai apprécié la lecture de cet extrait de « Accompagner la future maman » Sophie Gamelin-Lavois, éditions Jouvence, 2009, p.92

« En matière d’accompagnement, la demande des parents est réelle. Mais quelle est cette demande au fond, et que revêt-elle exactement ? Je suis dubitative sur un aspect qui me semble fondamental. Par manque de clarté sur les compétences précises de la doula (on sait les remous de la pratique limite de certaines qui ont flirté avec la pratique illégale du métier de sage-femme, et les mélanges de causes sur les services offerts), il existe une brèche dans laquelle les deux parties (parents et doulas) s’engouffrent. Or, cette brèche affective fait le lit d’incompréhensions : les parents souhaitent être respectés et/ou accompagnés émotionnellement et affectivement (et on les comprend !) ; les doulas veulent participer activement et les mères de famille ayant découvert des aspects différents de l’actuelle norme en matière de naissance veulent finalement changer de métier. Pourtant les doulas sont nombreuses à ne pas avoir souhaité être accompagnées ; elles se sont plutôt réappropriées leur corps, ont cherché des informations pour être pleinement actrices et, au-delà, complètement responsables. C’est dans cet objectif que l’on peut concevoir la transmission d’informations ponctuelle de manière à redonner compétence aux parents, sans les materner ou les infantiliser. « 

Aujourd’hui je propose donc des ateliers thématiques personnalisés et à la carte. Néanmoins, je rencontre des femmes qui apprécient une présence féminine lors de l’accouchement. J’y vois principalement deux choses qui me font écho :

  • la première m’invite à regarder l’aspect sociétal de ce moment, de ce passage. J’aime à partager ces heures en repensant à ce lien entre femmes qui nous unit, à penser que la naissance de l’enfant peut aussi être une renaissance de la mère et qu’elle peut souhaiter la présence d’autres femmes. Transmission – partage de femmes
  • la seconde vient du fait de pouvoir partager ces moments avec une femme qui n’est pas du corps médical et avec qui nous avons tissé une relation de confiance. Si je ne suis pas sage femme, j’ai acquis des connaissances et des compétences qui me permettent d’aider les parents à comprendre, à se positionner…

Enfin, je crois que chacun sait et je fais confiance aux parents pour choisir ce qui leur semble le plus approprié. Ma présence, dans le respect et la reconnaissance, s’adapte jusqu’au dernier moment : petite souris, masseuse, assistante, logisticienne, présence rassurante, force de propositions, cuisinière…

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