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Entre confiance et abandon

Témoignage

Pourquoi vous témoigner de cette naissance ? J’écris ici pour vous faire part de ce qui m’anime, j’écris pour vous rappeler que les bébés savent naître et que vous pouvez être acteur de cette mise au monde. J’écris aussi pour vous partager ma re »naissance », moi qui est à cœur de vous accompagner dans la vôtre.

Grossesse

Un appel de la vie… Nous sommes en mai et mon cœur t’appelle ; nous sommes en mai et ta vie en moi s’éveille…

9 mois, 9 mois durant lesquels j’ai accompagné des couples, des bébés dans leur chemin de vie. 9 mois et de nombreux km parcourus en train, en voiture, en vélo et à pied. 9 mois et des cris de joies, des pleures, des doutes, des peines, de la sérénité… 9 mois où la mort a aussi côtoyé la vie. 9 mois intenses, 9 mois in utero, 9 mois à te sentir à l’intérieur, à m’émerveiller de ton développement autonome…

Un choix

Alors que nous accueillons la nouvelle de ta venue en mon sein, nous échangeons très rapidement autour de nos souhaits pour l’enfantement. Notre dernier enfant est né alors que nous étions seuls avec mon mari et cette expérience a été d’une richesse et d’une profondeur inégalée. Aussi, pour moi cela est une évidence, je souhaite que nous choisissions d’enfanter librement. Je n’ai pas peur. J’ai confiance en ce cadeau que la vie nous offre et aussi, j’ai confiance en mon mari. Il accepte cette idée et les enfants sont ravis de savoir que, si tout se passe bien, leur petit(e) frère/sœur naîtra à la maison.

Je repose ce choix souvent. Je me suis nourrie de témoignages, des mamans, des couples qui font le choix d’enfanter sans assistance médicale. J’ai aussi lu beaucoup de récits d’accouchement à domicile avec la présence d’une SF, d’une doula, d’une sœur, d’une mère, d’une amie…

Néanmoins, je sais que c’est d’intimité dont j’ai le plus besoin et je sens que je ne suis pas appelée à partager ce moment… Mes amies doula et SF sont autour de moi à distance… Elles ont cette juste posture de m’accompagner dans mes choix et non de choisir pour moi.

L’enfantement autonome

1 mois avant la date du terme, j’accueille un dernier couple au sein de ma maison… Maintenant c’est un temps pour nous. Je sens déjà que mon cerveau se déconnecte. Mon corps se met en marche : place à la création, au lien à la nature. Je dessine, je peins, je crée, je marche, je me repose… Le COVID me vaut une présence accrue de mes enfants… Puis un repos imposé pendant une bonne semaine… Je demande à ce nouvel être d’attendre un peu avant de nous rejoindre.

Février arrive. Je récupère un peu. Une semaine avant les vacances. Je reprends mon rythme : repos, marche, dessin… Mon bébé est de plus en plus bas. Sa tête finie par m’empêcher de m’asseoir… Malgré ma quatrième grossesse, ses sensations sont nouvelles. CHAQUE GROSSESSE EST UNIQUE.

Le 6 dans la nuit, alors que je me réveille pour aller au toilette, je sens que quelque chose se passe. En effet, il semblerait que mon col travaille. En me relevant je sens une première contraction, il est 00h44. J’essaye de me reposer encore, et puis je vaque, je marche, je me pose sur mon ballon, je retourne m’allonger… Aujourd’hui j’ai 32 ans… Un instant je me dis que je vais préparer une crème à la vanille pour le goûter mais mon cerveau est trop endormi… Alors que je me suspends avec l’écharpe, que je suis seule dans le silence de la nuit… Je sens une boule au creux de moi… Accueillir. Je mets des mots « j’ai peur. Je voudrais tellement offrir à mes enfants un beau souvenir de ce moment. Je voudrais tellement que ma confiance soit inébranlable. Je voudrais tellement que mon mari soit fier… » Alors pour lâcher prise, je vais rejoindre les bras de mon mari et je pleure, je laisse les larmes venir. ACCUEILLIR SES ÉMOTIONS ET LES LAISSER S’EXPRIMER.

Les contractions ne me permettent plus d’être allongée. Il doit être 3h et je demande à ce que l’on installe la piscine. Je vis des contractions longues mais espacées. Elles sont bien présentes dans les reins et même un peu plus bas. J’apprécie la main d’Étienne qui soutien mon ventre, me mettre debout, bouger le bassin, être sur les toilettes… A CHAQUE ENFANTEMENT MES POSTURES SE SONT ADAPTÉES. J’ai passé un peu de temps dans l’eau chaude puis je suis ressortie. J’ai pris le temps de sentir mon bébé à l’intérieur. C’était magique.

Les sensations diffèrent des autres naissances. J’ai vraiment envie d’aller aux toilettes et ça pousse au niveau du coccyx. Je vocalise beaucoup fort, je m’entends faire des sons dont je ne me saurais pas cru capable, je me connecte au sauvage en moi, à la forêt, et je pousse mon bébé en un long son. Sa tête sort, si allongée ! Puis je prie pour qu’une nouvelle contraction arrive afin que je puisse accompagner les épaules et une fois celles-ci sorties, je demande à mon mari de prendre notre enfant (les sensations de brûlures étant très intenses) et je lui tends les bras. Il est tout chaud contre mon ventre. 4h54 (heure choisie approximativement), notre garçon pousse ses premiers cris (et pas ses derniers !).

Je perds un peu de sang et décide rapidement de prendre une posture verticale pour aider le placenta à sortir. Il est gros et la membrane presque intacte ! Magnifique moment que d’observer cette poche qui a accueilli notre enfant Oriel. Nous le laisserons relié à son placenta jusqu’à ce que le soir arrive.

Quelques minutes après la naissance du placenta, nos enfants se réveillent tour à tour et la journée se poursuit calmement entre repos, jeux, lectures… Je commence mon post partum dans cette chambre qui a accueilli cette nouvelle vie !

Ce que je retiens le plus

Je suis étonnée de la différence des sensations. J’ai vécu de nombreuses découvertes à travers cette naissance. Je suis fière aussi d’avoir assumer notre choix jusqu’au bout, d’avoir oser pleurer, oser crier sans me soucier de ce qui m’entourait, fière d’avoir su me laisser guider. Je suis émue d’avoir sentie la te de mon bébé à l’intérieur. Émue aussi de l’accueil, du soutien et de la confiance dont mon mari m’a témoigné. Je souhaite à chacune d’avoir quelqu’un comme lui à ses côtés.

Je sens que cette naissance a été pour moi un passage initiatique. Une renaissance, 32ans après ma venue sur Terre, une nouvelle porte qui s’ouvre vers des possibles et une confiance qui s’enracine.

ABANDON et CONFIANCE : ne plus penser et se laisser emporter par ce qui se vit.

1 commentaire

  1. le ray

    Bienvenue au monde Oriel! Merci de ce partage, ca m a replongé dans ma propre expérience, non sans émotions 🙂

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