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Un enfantement libre

Après quelques invitations, me voila devant mon clavier pour vous raconter un peu plus de mon histoire. Je crois que depuis toujours, est inscrit au fond de moi la foi en la vie et en la capacité de la femme d’enfanter. Aussi, j’ai eu la chance de rencontrer un homme dont la famille partage ses convictions. C’est avec un grand plaisir que ma belle-mère partage ses expériences d’accouchements à domicile. Des cousines de mon mari ont aussi donné naissance à leurs enfants au sein de leur foyer. J’ai toujours été extrêmement touchée par leurs récits. Pour ma première grossesse, je me suis rapidement rapprochée de sage-femme proposant un accompagnement global avec l’idée d’enfanter en plateau technique me permettant ainsi d’avoir accès à des soins rapidement si nécessaire (ce qui me rassurait pour cette première expérience), tout en bénéficiant d’un accompagnement en continu de la même sage-femme. Cette expérience fut longue, douce, avec des phases de désespoir, de doutes, de joie, d’émerveillement, et Thomas est né quelques jours après mes premières contractions !

Pour ma deuxième grossesse, nous avons tout de suite prévu un accouchement à domicile, confiants (mon mari autant voir plus que moi) en mon corps. Néanmoins, j’ai cumulé beaucoup de fatigue, perte de poids, nausées, stress pendant cette grossesse. Aussi, notre bébé a eu envie de venir un peu plus tôt qu’annoncé alors que ma sage femme était en vacances. Sa collègue a préféré me réorienter en plateau technique où Louise est née moins d’une heure après notre arrivée !

Tout mon cheminement personnel en parallèle continuait de me convaincre de la puissance des femmes, et de la non nécessité, voir du désintérêt, d’enfanter en maternité lorsque tous les voyants sont au vert ! Aussi, alors qu’un nouvel être s’incarnait en moi, nous avons décidé de revenir dans le département où nos aînés sont nés (nous étions alors en formation en Isère), pour retrouver nos sages-femmes. C’était une évidence que cette grossesse, cet enfant était différent et moi aussi. Je souhaitais peu de suivi et j’ai été très bien accueillie dans cette envie par ma sage-femme. Nous nous sommes organisés pour prévoir un AAD serein pour la sage-femme et moi même car il m’a semblé essentiel de savoir aussi écouter ses limites (après libre était à nous de les accepter ou non). Nous nous sommes donc installés à moins de 20 minutes d’une petite maternité. Alors que mes précédents enfants sont nés avant terme, celui-ci semblait profiter pleinement de tout ce qu’il vivait en mon sein, prenant également le temps d’être prêt, guidé, inspiré. Aussi, pendant mes RDV avec la sage femme, elle m’a demandé à plusieurs reprises comment je voyais sa place, son rôle. Ceci a toujours été claire avec mon mari, je voulais enfanter de manière la plus libre et autonome. Nous lui avions exprimé notre souhait qu’elle puisse s’installer dans une pièce à côté et que l’on vienne la solliciter au besoin, où qu’elle passe si elle en ressentait la nécessité. Nous avions une relation pleine de confiance. La date de terme approchait et la date de vacances de ma sage-femme aussi…J’avoue que nous avons été (où je seulement), un peu inquiète de la mise en place en dernière minute d’une solution alternative à la dernière minute. Aussi le vendredi 27 septembre nous avons réussi à convaincre une sage-femme de nous accompagner pour un plateau technique et avons pris un RDV le lundi 30 septembre (date de terme officiel le 4 octobre). Ma sage-femme partait le 28 à 16h00. J’ai très mal dormi la nuit du 27 au 28. Je sentais qu’il se passait des choses dans mon ventre sans que cela soit net. Cela faisait plusieurs jours que j’espérais vraiment sa venue sans que le travail ne se mette en route. Et je me répétais « je sais qu’il sait quand il viendra et que cela est juste. » Aussi, le 28 vers 16h30, ma sage femme partie, mon mal de ventre toujours présent, j’ai préféré joindre mes parents pour leur confier mes aînés (3ans et demi et 21 mois) afin de faciliter l’organisation en cas d’accouchement de nuit. Mon mari est parti sereinement les conduire. Pendant ce temps j’ai commencé à ressentir des pics de douleurs irréguliers. Cela commençait à ressembler à de petites contractions. J’ai alors transformé notre salon avec alèse, couverture, matelas, coussin, table avec tisane et fruits secs… Il est revenu vers 18h et je lui ai annoncé que le travail avait bien débuté et lui est proposé de faire une ballade profitant de la fin de journée ensoleillée. Les contractions étaient plus nets toujours espacées de plusieurs minutes. J’ai pris un temps seule pour marcher, me centrer, me connecter avant de rejoindre mon mari qui avait installé le vidéo projecteur pour regarder la petite finale de volley ! Bon j’avoue n’avoir pas trop suivi !!! Les contractions se sont rapprochées et je gérais en prenant appui sur le canapé, en vocalisant, soufflant…Je réalise en vous écrivant que j’ai gardé mes vêtements longtemps ! Vers 20h20 j’ai senti que je n’arrivais plus à gérer des vrais temps de pause et la douleur devenait vraiment intense. J’ai dit à E de préparer la valise et de demander la péri dès qu’on franchirait la porte (je crois que c’était une belle phase de désespérance (-;). Pourtant il y avait encore de la place pour que je parle car remontée sur le canapé prête à partir j’ai réussi à questionner la pertinence de décrocher notre écharpe de portage sachant que je ne comptais aucunement rester à la maternité très longtemps et que bébé serait en peau à peau !! Discussion qui fut juste suffisamment longue pour que PLOC la poche des eaux se rompent ! E m’a aidé à me déshabiller. A ce moment là je crois que je n’étais plus là et quelques instants après je l’ai juste entendu me dire « je vois la tête, on va rester là ». Il était calme, rassurant, posé !!! Alors je me suis juste concentrée sur l’ouverture encore et encore et j’ai mis ma main pour soutenir mon périnée, sentir mon bébé qui est arrivé dans les mains de son papa à 21h06. Bienvenue ! J’ai pris le temps de l’accueillir puis assez rapidement je me suis mise accroupie pour expulser le placenta : délivrance !

Cet accouchement a été comme il devait être ! Vécu dans une grande intimité, complicité, venant souder notre couple davantage. Et en même temps, j’ai douté, désespéré et j’ai été déçue d’avoir voulu partir… Quelques jours après ma sage femme revenue m’a dit  » de toute façon c’est ce que tu voulais non ? ». Alors au fond de moi, j’ai pu me reconnecter avec mon intuition, accepter la fierté de cet accouchement, accepter tout son déroulement avec ses hauts et ses bas, cette traversée enchantée !

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1 commentaire

  1. FLO

    Bonjour Angélique, c’est un récit que je découvre… Beaucoup de similitude avec ce que j’ai vécu et ressenti, merci de ce partage 🙂

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